Les détenteurs de panneaux solaires devront s’acquitter du tarif prosumer

panneau solaire

La majorité des installations photovoltaïques n’assument pas l’intégralité des besoins énergétiques des maisons qu’elles équipent. Ces maisons continuent de s’alimenter au réseau commun. Jusqu’en 2019, elles profitaient de la gratuité des frais de réseau mais depuis janvier 2020, elles commencent à supporter un tarif dit prosumer.

Prosumer, de quoi s’agit-il ?

Le terme prosumer désigne une personne à la fois producteur et consommateur d’électricité. Elle produit de l’énergie grâce aux panneaux en renvoyant l’électricité excédentaire vers le réseau le jour. La nuit, elle puise l’électricité dont elle a besoin pour alimenter sa maison. Auparavant, le prosumer ne s’acquittait d’aucune charge, que ce soit pour le stockage de l’électricité ou pour l’entretien des lignes de distribution. Cette gratuité encourageait la migration vers les énergies vertes. Seulement, l’époque semble révolue. Les personnes ayant décidé de se tourner vers le solaire devront dorénavant supporter les frais de réseau.

Pourquoi appliquer des charges au prosumer ?

Il s’agit d’une mesure d’équité destinée à asseoir et renforcer l’égalité entre les consommateurs. Jusqu’à présent, seuls les consommateurs classiques, ne disposant pas d’installation solaire, supportaient toutes les charges. Or, les prosumers utilisent et profitent des lignes communes de distribution. Il s’avère logique qu’ils participent aux frais d’entretien.

Quel sera le tarif appliqué au prosumer ?

Le prosumer choisit entre deux modes de tarification, le tarif forfaitaire et le tarif réel. Le tarif forfaitaire se calcule sur la base de la capacité de production de l’installation. Le gestionnaire de réseau applique un tarif de 78,62€/KW/an. Pour une installation de 3KW, le tarif forfaitaire sera alors de 235.86€. Le tarif forfaitaire s’applique si l’autoconsommation reste inférieure à 37,6%. Pour une consommation supérieure, il faudra recourir au tarif réel, basé sur la consommation effective. Un compteur spécifique devra être installé pour définir la quantité d’énergie puisée sur le réseau commun.

Quelles seront les conséquences de l’application de ce frais prosumer ?

La gratuité faisait partie des atouts d’une installation photovoltaïque. L’entrée en vigueur des frais prosumer change radicalement la donne en augmentant les frais d’investissement. La principale conséquence sera le rallongement du délai d’amortissement des investissements. Jusqu’à présent, le retour sur investissement s’estimait entre 10 et 15 ans. A présent, ce délai se rallonge jusqu’à 20 ans. Cette mesure risque surtout de freiner les initiatives en faveur de la transition énergétique, du moins pour cette année.

Le ministre wallon de l’énergie annonçait, en marge de l’adoption de cette mesure, la possibilité de préserver ceux qui ont réalisé leurs installations avant 2020. Les personnes qui ne pensaient pas devoir payer de charges lors des travaux devraient bénéficier d’une mesure plus favorable. Toutefois, toute mesure établissant un régime d’exonération a été écartée par les autorités de régulation. Au nom de l’équité, les prosumers, nouveaux ou anciens, doivent honorer les mêmes charges. Il s’agit d’une mesure d’intérêt public et les prosumers en profitent également.

Posté le 20 mars 2020 dans Actualités